"Djinns et sultans" de Sast : le premier d'une saga de cinq romans


« Djinns et Sultans » est le nouveau roman de Sast. Après Le Crépuscule du baobab(KomEdit, 2001), Les Berceuses assassines (KomEdit, 2007), le sang des volcans, Des Kalach et des Comores (Harmattan, 2011), Sast aborde un nouveau genre, le roman historique. Il revient cette fois-ci avec «l’histoire d’un des plus grands sultans de l’’archipel des Comores, Hassan II de Ndzuani». Le romancier parle du passage de l’ordre ancien à l’ordre Chirazien, la déchéance et la reconquête du trône. Dans ce premier volet d’une saga de cinq romans qui vont suivre, Sast nous fait vivre intensément la bataille de Sima, considérée par l’auteur comme la plus terrible de Ndzuani.

« Djinns et sultans » vient de paraitre. Vous parlez du destin du roi Hassan II de Ndzuani, que vous qualifiez de «rayonnant et de tragique». Parlez-nous de ce nouveau roman.

Le sultan Hasan est l’un des plus grands sultans de l’histoire de l’archipel. Sa vie, son action se situent à une période charnière, une période de transition entre ce qu’on peut appeler un ancien régime, caractérisé par les institutions des Fani et des Bedja, et un régime moderne, importé d’orient jetant les bases des sultanats. Son règne fut long et prospère, au profit de la population, ainsi que de la stabilité des institutions. Le côté tragique du destin du roi Hasan se situe au niveau de son combat contre son demi-frère le prince Ali, pour le trône de Ndzuani, qui s’est soldé par la mort de ce dernier.

Vous avez écrit trois romans. Cette fois-ci vous abordez un autre genre, le roman historique, en revisitant le temps des sultanats. Un appel de vos fidèles lecteurs ou un nouveau défi littéraire ?

Je me suis lancé dans l’écriture, un peu à l’aveuglette, parce que j’avais les capacités, l’inspiration et la passion nécessaires. J’ai écrit suivant les humeurs et l’inspiration du moment, des pièces de théâtre, des romans, des nouvelles, sans véritable direction. Là, je me suis imposé un projet littéraire, en me lançant comme défi de travailler avec l’histoire ancienne, dans le genre du roman de cape et d’épée, un peu comme Dumas, version «turban et sabre». Je prévois une saga sur quatre ou cinq volets, à travers la vie des sultans et sultanes qui ont marqué leurs époques respectives. Sur ce premier tome, j’évoque la trajectoire du sultan Hasan, dans le deuxième, qui devrait sortir l’année prochaine, je parle de la sultane Wabedja d’Itsandra… Dans la galaxie de la littérature comorienne, il manquait ce côté historique, et c’est aussi pour cette raison que je me suis imposé ce challenge.

On sait le genre difficile, souvent contesté, par le fait qu’il est compliqué de pouvoir nuancer la réalité historique et la fiction de l’auteur. Comment faire la part des choses ?

Il est vrai que le roman historique est un genre très délicat. C’est un travail d’équilibriste entre les faits historiques avérés et la propension du romancier à tisser une fiction. Il ne s’agit pas d’une biographie stricto sensu du roi Hasan II, ce n’est pas un travail scientifique d’un chercheur historien, mais plutôt une histoire romancée de la vie de ce roi. Je suis parti sur une histoire vraie : la bataille de Sima et le combat à mort entre deux demi-frères, et j’ai créé autour une intrigue, un éventail de personnages, des rebondissements, bref, tout pour faire un roman à la fois marrant, beau et didactique.

Vous parlez de la bataille de Sima, comme une des plus terribles de l’histoire de Ndzuani. Vous revenez sur les mêmes sentiers du livre «les sultans batailleurs» que beaucoup d’historiens contestent l’authenticité des faits rapportés. Légende ou réalité ?

Je me suis inspiré de tout ce qui a été écrit sur cette période du début de l’implantation des sultanats. Sur les manuscrits traduits, comme sur les derniers ouvrages racontant l’histoire des Comores. J’ai également puisé sur le fonds oral de l’histoire, avec ses légendes et ses mythologies pour cette fresque. Je sais que certains historiens vont réagir, et cela ne peut être que salutaire, pour avancer dans le débat, et creuser d’avantage afin de mieux connaitre notre histoire. Mais après tout, je reste dans mon rôle de romancier qui invente des histoires et les raconte comme il veut.

Le titre «Djinns et sultans» et au pluriel. Cela veut dire qu’il y aura une suite et que vous allez continuer à nous parler d’autres sultans et d’autre djinns ?

Djinns et sultans porte sur l’ensemble des romans historiques que je compte publier dans les prochaines années. Comme je l’ai déjà expliqué, il s’agit d’une saga. Le titre de ce premier tome est «Mon cœur bat, pieds nus». Au départ, j’avais prévu une trilogie, avec les souverains Hassan de Ndzuani, Wabedja d’Itsandraya , et Abdallah 1er de Ndzuani, mais quand j’avançais dans mes recherches je suis tombé sur d’autres acteurs importants de cette période, et qui méritent d’être connus. Et c’est là où j’ai compris qu’il me faudra plus de trois volets, je pense en écrire cinq, inch’Allah. Parallèlement, je continuerai à écrire d’autres romans et théâtres contemporains.

Propos recueillis

par Ahmed Ali Amir

Alwatwan du 26 novembre 2013

SAST,

Djinns & Sultans,

Coelacanthe, 2013, 192p.

15 euros


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