Aboubacar Saïd Salim

Mutsa, mon amour...,

Coelacanthe, 2014, 99p.

ISBN : 979-10-91275-06-4

EAN : 9791091275064

Toute la poésie d’Aboubacar Saïd Salim dans Mutsa, mon amour...  est à l’image de ce déchirement politique et culturel qui se meut en douceur et extraordinaire tendresse par l’écriture poétique :

Loin de toi je comprends

au tréfonds de moi

combien je t’ aime

parmi les nobles d’ Ikoni

Le poète nous invite au souvenir de la terre, son Île natale, au voyage et à la célébration de l’amour où simplicité rime avec sensualité, qu’il peint comme un vent, en une parole qui invente des mots seuls qui deviennent identité et combat.

Je ne te dis pas adieu Césaire

Bien Aimé car Phoenix tu renaîtras de tes écrits

Les jeux du Monde sont faussés. Tout est donc faux et nous n’ oublions pas que sur cette terre tout passe.

Que deviendra ton verbe clair

comme l’ éclair franc

comme le bruit du tonnerre

Parole mémoire, parole seule qui fait prendre conscience et met l’homme debout. Un ensemble de poèmes sensibles marqués par le temps et le pays qui nous composent, mais aussi dans l’intensité de l’amour, la vie simple.

Et me promener dans les herbes folles du jardin

au secret de ton âme

et écouter la musique

dans un désir vertical

cette nuit nos corps ont rêvé nus sous la lune.

Résolument inscrit dans l’ici et maintenant, le poème dégage une énergie quasi sacrée et contagieuse qui se dresse en une multiplicité de thèmes, le contrôle réfléchi de l’inspiration et l’extraordinaire possession des moyens techniques que le poète maîtrise d’ un poème à un autre.

Moroni -villas - palaces / Moroni - indifférence / Moroni paillotes / Moroni bidonvilles / Moroni - portefaix - trimeurs.

Dans chacun de ses poèmes tremble une étincelle, quelque chose de presque fascinant. Et son discours poétique continue à transmettre un message cohérent, à fonctionner tantôt comme un drame, comme une comédie, à circuler dans notre horizon, à nous traverser et à nous parler du petit matin tremblant de notre histoire commune et poétique.

Séga endiablé de l’ eau chuintante / sur les galets dressés des montagnes.

Par le fait même qu’il n’ esquive aucun sujet, que son inspiration ne connaît ni seuils, ni limites, ni tabous, ni interdits et qu’il butine partout.

La mer comme un drap de cristal / sur le lit du désir s’ étend / Macumba la Noire Déesse / du plaisir et du rythme.

Ici, dans la recherche de son identité insulaire, dans l’ exigence de la même justice pour tous, il sait si bien qu’ il faudra se battre et rendre coup pour coup et dis :

Maurice Blonde, Maurice Jaune, Maurice Brune, Maurice Noire

Je te salue ô Maurice Île phare / sur les récifs de la fortune / à l’écume blanche immaculée

Debout nous sommes là pour dire assez

Trambwe t’en contera de son temps

La vraie poésie est celle qui naît des circonstances dans lesquelles elle a été écrite ; elle traverse le temps que l’on ne sait plus mesurer et nous fixe dans le primordial. Mutsa, mon amour tient donc une place honorable dans la littérature comorienne d’aujourd’hui et mérite d’être largement diffusé .

Paul Dakeyo

Poète

Mutsa, mon amour...

€10.00Prix

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