Le shikomori, une langue poétique


Ibrahim Abdou El Mahad est l’auteur de Roho itangao aux éditions Cœlacanthe (mai 2014), un recueil de poèmes exclusivement en shikomori.

Peu de lecteurs aujourd’hui sont imprégnés de la littérature poétique comorienne, pour plusieurs raisons. On me dira certainement que l’une de ces raisons est que la transmission des connaissances se fait chez nous de manière orale, que les Comores, comme d’autres pays africains, n’ont pas de littérature, puisqu’il n’y a de littérature que celle qui est écrite pour être lue.

Je suis d’avis que l’écriture est faite pour soutenir la parole, la graver dans le papier pour que les générations futures puissent y accéder ; néanmoins, quand elle est lue hors de son contexte, la parole perd de son sens. C’est ici que la poésie entre en jeu.

Un bon poète, à mon sens, est celui qui presse les fruits de ses mots pour les restituer tels quels sur le support matériel qu’est le papier. Le recueil de poèmes devient alors un objet vivant, la couverture du livre est une maison qui abrite mille sentiments, mille rires et pleurs. Tous imprègnent en permanence la matière du papier, qui retrouve chaque fois, le temps d’une lecture, son état de bois, d’arbre, de forêt vivante. La poésie est un tour de magie que réalisent des alchimistes des mots.

Et qui mieux qu’un passionné des savoirs de la matière et de la nature pour restituer cette magie ? Car la poésie d’Elmahad Ibrahim est faite de cette matière. C’est un concentré de déchirures, de larmes, de cocasserie, de mélancolie, de colère parfois, d’espoir, souvent quand on n’en attend pas. On y marche comme en terrain apparemment connu, avant de s’enfoncer malgré soi vers des sentiers dangereux, poignants, révoltants. Des clairières joyeuses apparaissent entre les tristes litanies. C’est le cœur d’un être humain tranché à vif, disséqué par un savant fou qui manie avec brio les vaisseaux que sont les mots, sans jamais ennuyer son lecteur par des rimes sans substance ni de vaines revendications.

On a restauré les vestiges d’une langue oubliée ; aux intéressés la charge d’en honorer les murs.

Touhfat Mouhtare* Alwatwan du 27 mai 2014

*Auteur de Âmes suspendues, Coelacanthe, 2011.

​​

Ibrahim Abdou El Mahad

2013 Coelacanthe, 62 P.


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