Thoueïbat Djoumbé est devenue docteur en Lettres


C’est dans un restaurant parisien et dans une ambiance surchauffée que les amis de Thoueïbat Djoumbé ont fêté son accession au grade de docteur, vendredi soir.

En effet, cette jeune femme plutôt discrète, née dans le village de Samba Bodoni et déjà mère de deux beaux enfants a soutenu sa thèse de Littérature Générale et Comparée à l’Université de la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), mardi 4 février 2014. Si elle n’est pas la seule femme comorienne à atteindre ce niveau en Littérature, elle est la seule (hommes et femmes confondus) à obtenir une mention Très Honorable avec les félicitations du jury dans cette matière. Elle est un exemple pour beaucoup de jeunes femmes qui pensent qu’une fois mariées, elles doivent abandonner leurs activités et notamment la recherche.

C’est donc avec fierté que ses amis et son mari lui ont préparé ces retrouvailles autour d’un bon repas et des échanges sur la culture comorienne.

La thèse en elle-même est un pavé de 450 pages dont le titre complet est : « Un autre aspect de la francophonie, la littérature comorienne – Société, histoire, culture et création ». Elle a été dirigée par le professeur Pageaux, et la soutenance a vu le déplacement du professeur Marimoutou de l’Université de la Réunion.

La première partie qui s’intitule « La littérature comorienne, entre tradition et modernité » s’articule autour de la littérature orale, comme littérature dominante aux Comores qui sert notamment à diffuser une histoire plus ou moins mythique du pays. La chercheuse montre aussi dans cette partie les modalités du passage de l’oral à l’écrit.

Dans la deuxième partie, elle montre que la littérature comorienne francophone est un miroir de la tension entre l’individu et la société, des conflits dans la société comorienne. Elle aborde ainsi la question de la marginalisation dans une société où le groupe est très contraignant. Parmi les personnages en marge, Thoueïbat Djoumbé s’intéresse particulièrement à la femme comorienne qu’elle présente comme un « prétexte littéraire et social ».

Enfin, dans la dernière partie, elle revient sur les grands genres littéraires pour décrire les dynamiques nouvelles qui sont en cours au sein de la littérature comorienne. Le lecteur repart de cette lecture avec une impression positive sur la création aux Comores aujourd’hui, car les écrivains comoriens apparaissent comme des avant-gardistes à la recherche de nouvelles formes d’écriture entre le lyrisme, l’intime et l’engagement politique et social.

Toueïbat Djoumbé a reçu de ses professeurs la mention la plus élevée et celle-ci vient récompenser une travailleuse acharnée, mais aussi une femme très proche de tous ses amis et qui est véritablement l’image de la femme moderne qui ne renonce à rien : ni au mari, ni aux enfants, ni au travail, ni même à ses cinq prières quotidiennes. Thoueïbat a ajouté à tout cela la passion de la recherche. Et si l’on dit que derrière chaque grand homme, il y a une femme, ce doctorat, elle assure à qui veut l’entendre, qu’elle n’aurait pu l’obtenir sans le soutien de celui qu’elle appelle son « coéquipier et mari », Nourdine Moussa, qui a « arpenté » avec elle les bibliothèques parisiennes pendant toutes ces années de préparation. Une collaboration qui a été amplement récompensée.

Mahmoud Ibrahime Paru dans Alwatwan du 21 février 2014


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